STRUCTURE

La Société d’histoire de la Suisse romande, conformément à ses Statuts adoptés par l’Assemblée générale des membres, est dirigée par un Comité actuellement composé de 12 membres élus :

Françoise Vannotti (VS)
Présidente

Françoise Dubosson (GE)
Vice-présidente

Jean-Daniel Dessonnaz (FR)
Delphine Debons (VS)
Justin Favrod (VD)
Daniel Jaquet (NE et VD)
Olivier Meuwly (VD)
Jean-Daniel Morerod (NE et VD)
Jean-François Pitteloud (GE)
Jean-Claude Rebetez (JU et BE)
Christian Saugy (VD)
Christophe Vuilleumier (GE)

En son sein, le Comité désigne diverses commissions ad hoc pour, en particulier, accorder les subsides du Fonds Emile Butticaz et suivre les travaux de publications. Chaque année, le Comité présente un Rapport annuel à l’Assemblée générale.
Tout membre de la SHSR peut annoncer son intérêt à entrer au Comité de la SHSR ; selon les Statuts, c’est l’Assemblée générale de la SHSR qui élit les membres du Comité.

Histoire d’une société

Tiré de Gilbert COUTAZ,
« La Société d’histoire de la Suisse romande :
enjeux et défis en 160 ans d’existence »
dans Annales valaisannes, 1996, p. 25-39

L’assemblée constitutive de la Société d’histoire de la Suisse romande réunit à Lausanne, le 6 septembre 1837, 45 membres fondateurs, tous Vaudois, sauf six d’entre eux qui représentaient les autres cantons romands. Ces intellectuels libéraux appartenaient tous à la bourgeoisie urbaine venue au pouvoir avec la Révolution de 1830: faut-il préciser qu’aucune femme n’y fut présente?
C’est au sein d’une institution libérale par excellence, la Société vaudoise d’utilité publique que deux hommes, Frédéric de Gingins-La Sarra (1790-1863) et Louis Vulliemin (1797-1879) suscitèrent la création de la SHSR avec l’ambition de contribuer à la réalisation du but général des Sociétés d’utilité publique : débattre des problèmes de société et proposer toute solution susceptible d’améliorer la vie de leurs concitoyens. Louis Vulliemin, le premier président de la SHSR de 1837 à 1855, expliquait ainsi sa conception du métier d’historien et les motifs de son engagement en faveur de la SHSR:
«Toujours davantage je me persuade que l’étude approfondie d’une époque et d’un point dans l’histoire est la méthode la plus sûre pour arriver à l’intelligence des choses humaines, à la condition toutefois qu’à son tour l’étude des choses humaines vienne féconder le champ péniblement sillonné. Rien de grand, rien de vrai, qui ne porte sur deux pôles, qui ne rallie les faits à l’idée et ne redescende de l’idée dans les faits […]. En même temps que, par tant de points, notre histoire est celle de l’humanité, elle porte un cachet qui lui est propre; car ce pays, qui est un carrefour de l’Europe, est aussi une terre d’abri, un lieu de retraite derrière les montagnes qui lui conservent son originalité» (Journal de la Société vaudoise d’utilité publique, t. XII, 1844, p. 360-362)
Longtemps, la SHSR a privilégié l’histoire médiévale et l’édition de textes et se donna des allures élitaires et scientifiques, avec l’arrière-pensée d’éviter ainsi le débat politique. Fondée un an avant la Société d’histoire et d’archéologie de Genève et quatre ans avant la Société générale suisse d’histoire, elle est la plus ancienne des sociétés cantonales d’histoire de la Suisse romande. Vaudoise par naissance, la SHSR en conserve la marque : ses effectifs sont aujourd’hui encore à prédominance vaudoise, malgré l’effort fait dans les années 1980 d’élargir son implantation. Les femmes furent officiellement admises au sein de la Société en séance du 27 janvier 1908 – elles paraissent l’avoir fréquentée assidûment dès 1900 – et Mme Lucienne Hubler sera la première à en prendre la présidence de 1975 à 1978.
En 1838, la SHSR a lancé sa collection des Mémoires et documents publiés par la Société d’histoire de la Suisse romande. À ce jour, la collection forme quatre séries et compte plus de 80 volumes, y compris les volumes hors série. En 2001, une nouvelle collection Pour mémoire a été ouverte pour accueillir des travaux de plus modestes dimensions. Si l’édition a constitué l’une des plus importantes activités de la SHSR, il ne faudrait pas cependant passer sous silence ses initiatives de sauvegarde du patrimoine, les nombreuses communications qui furent présentées lors de ses séances ordinaires – la première par une femme en 1906 – ou ses voyages d’études.
Aujourd’hui, la SHSR poursuit sur la voie tracée par ses fondateurs, mais elle a aussi innové en ouvrant, depuis 1989, une série de colloques qui ont attiré un large public autour de sujets aussi divers que l’histoire de la vieillesse, la mesure du temps, les cadastres, les inventaires après décès, ou plus récemment, la commémoration de 1798 en Suisse romande.